Ces statuts (avec les ajouts postérieurs ) nous permettent de comprendre le fonctionnement et l’esprit du cercle :

“La Société Littéraire est une réunion d’hommes paisibles et tolérants. Son but essentiel est de jouir des agréments que peuvent procurer des rapports habituels et journaliers, et des moyens d’instruction [et de distraction (1836)] puisés 1° Dans la lecture des meilleurs ouvrages de littérature, tant anciens que modernes. 2° Dans celle des journaux, et des ouvrages périodiques les plus accrédités dans les arts, les sciences et les lettres. 3° Dans les séances littéraires [et musicales (1836)]” (article premier).
A propos des ” séances littéraires”, les statuts précisent que « La Société sera réunie en Athénée une fois par mois ou environ. Dans cette séance, chaque membre est admis à lire ou réciter quelque morceau relatif aux arts, aux sciences, ou aux lettres, soit de sa composition, soit simplement extrait ou traduit d’une langue morte ou vivante” (article 35).

A partir de 1841 on parlera de “séances littéraires et musicales”. Les exposés ou poèmes sur les sujets les plus divers (des invités pouvaient aussi se produire), les parties musicales ou chantées attirèrent un public nombreux. Les dames pouvaient y assister sur invitation.

L’admission dans la Société se faisait par parrainage, moyennant une « mise d’entrée », une contribution annuelle et un don de livres « de la valeur de vingt francs au moins pour la bibliothèque ».

Le règlement de police précisera également les heures d’ouverture du local : « tous les jours, dès le matin, et jusqu’à 11 heures du soir au plus tard… » Quant au local lui-même, il comprendra « une grande salle pour la conversation et les assemblées, une salle pour la bibliothèque et la lecture (où doit régner le plus entier silence), une salle de billard, et une salle, séparée des autres, spécialement destinée aux fumeurs et où il y aura aussi un billard ».

Les jeux, billard et cartes étaient payants et contribuaient aux finances de la Société. Outre la bibliothèque, de nombreuses revues et journaux étaient également mis à disposition.

La première période de la Société Littéraire fut pleine d’enthousiasme. Une centaine de personnes se pressaient dans les salons. Les séances, littéraires mensuelles, les “Athénéennes » comme on les appelait, eurent un tel succès qu’il fallut restreindre le nombre d’invitations. Elles étaient souvent suivies d’une collation. A cette activité littéraire s’ajoutaient des activités plus mondaines :dîners mixtes, soirées dansantes, un grand bal annuel, « le plus attendu et le plus élégant de toute la ville”.

La plupart des invités de marque à Genève, écrivains comme Stendhal, princes ou altesses, tiendront à assister au moins une fois à ces réunions littéraires. La Société compta très vite une centaine de membres. Profondément genevoise et patriotique, la Société Littéraire avait habitude de célébrer l’Escalade par un banquet annuel traditionnel accompagné de lectures de textes commémoratifs.

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